mardi 28 mars 2017

Et c'est ainsi que le socialisme est petit. (Anatole France maussien.)

"Une société est supportable avec de mauvaises lois et de bonnes moeurs." - Ce dont les socialistes ont dû finir par se rendre compte, qui cherchent à saloper les moeurs autant que les lois. - Finalement, tout cela se résume en un axiome : une société n'est pas une partouze.

lundi 27 mars 2017

Abel Bonnard parle de saint François d'Assise.

François donnait de confiance (la foi, c'est la confiance, aucun lecteur de Jean-Pierre Voyer ne saurait l'oublier), au point même parfois de choquer ses disciples, qui pourtant n'étaient pas des sceptiques. - "Jamais il ne daigna considérer si l'on ne tendait pas des pièges à sa bonté. Tout don, à ses yeux, valait par lui-même. Il ne croyait pas plus qu'on puisse être dupe quand on donne que nous ne croyons qu'on puisse être dupe quand on reçoit."

Cette petite pique à notre civilisation comme à notre crédulité notée, le fonds du problème n'est pas là, mais dans le rapport au don. Si l'ensemble des sociétés ne peut fonctionner sans le paradigme du don / contre-don mis en évidence par Mauss, si c'est une des raisons pour laquelle la société dans laquelle nous vivons est en train de s'autodétruire, le fonds du problème est la "gestion" par le christianisme de cette question du don / contre-don. Une des pistes est probablement à chercher du côté de la sainte trinité, mais nous n'en sommes pas là, nous noterons juste qu'un des plus connus des saints chrétiens, un des plus populaires, dépassa par le haut et par le don le primordial et indispensable schéma du don / contre-don. A suivre !

dimanche 26 mars 2017

"Toutes les droites sont d'anciennes gauches...

..., il y a une seule droite chimiquement pure, c'est la droite légitimiste." - Sentence trouvée dans le meilleur passage de la dernière vidéo de Julien Rochedy (vers 1h14 de programme), et qui signifie bien, avec une formulation inversée par rapport à la mienne, que c'est la gauche qui crée la droite. Elle la crée même tellement qu'elle la fabrique, ou qu'elle la sème, comme le petit Poucet : en se décalant « à gauche » ou de plus en plus vers « le progrès », la gauche laisse des morceaux de gauche qui se solidifient en droite derrière elle, et qui cherchent à arrêter ledit progrès sur certains points et pas sur d'autres, ambition vouée à l'échec, si ce n'est à tout coup, du moins sur la durée. Et donc, seule la droite dite légitimiste - mais faut-il l'appeler la droite ? ou est-ce une droite seulement par la psychologie des gens qui la composent ? - n'est pas entraînée par ce mouvement. Tout cela est limpide.

Pour émettre une réserve, il en faut bien une, je discernerais un petit côté gaucho, maquillé sous des aspects nietzschéens, dans la gêne de J. R. à évoquer l'Église. C'est bien d'ailleurs le point où le légitimisme peut ne pas être qualifié de droite. Je pourrais aussi épiloguer sur le personnage de Napoléon. Mais c'est bien le moment de citer Georges Marchais et de parler d'un bilan globalement positif.

samedi 25 mars 2017

Anatole France wittgensteinien.

""Cette fière jalousie, que les hommes apportent dans l'union des sexes, est un sentiment sauvage, fondé sur l'illusion la plus ridicule. Il repose sur l'idée qu'on a une femme à soi quand elle s'est donnée, ce qui est un pur jeu de mots."

Je pourrais épiloguer sur la faculté si troublante des femmes à se donner entièrement tout en gardant la capacité de se reprendre (les italiques dont j'abuse en ce moment sont comme les excuses dans She wore a yellow ribbon de John Ford, un aveu de faiblesse, mais je n'ai pas toujours le temps de m'exprimer autrement...) ; on peut aussi élargir le débat : que les philosophes français aient été allergiques à la philosophie analytique en général et à Wittgenstein en particulier était déjà un mauvais signe, tant la pensée française et la conscience de la dimension grammaticale de la pensée comme de l'expression sont historiquement liées. Ce serait une des utopies mal placées, comme une main au cul au mauvais moment, de la « pensée 68 » : s'affranchir de la grammaire, laquelle est comme une conscience dans la langue du péché originel, c'est-à-dire une tentative de gestion de l'imperfection - et donc, trop croire à une expression directe de la pensée. Directe, certes lorsque l'on pense aux préciosités de Foucault ou aux délires talmudiques de Derrida, cela semble semble paradoxal, mais ces exemples sont-ils, sur le fond, si différents des saillies péremptoires d'Alain Badiou, le dernier survivant de quelque ampleur intellectuelle de cette génération ?

Je finis cette brève semée d'hypothèses sur un raccourci, qui ne vaut que ce qu'il vaut : dans la génération de la « french theory », ne s'est-on pas trop fait d'illusions sur la capacité du langage (précieux, talmudique, péremptoire...) à posséder une idée, même si celle-ci semble être consentante, même si celle-ci semble se donner ?

vendredi 24 mars 2017

"Papa, c'est qui Neil Young ?"

Voilà ma foi une question à laquelle on a envie de répondre, et voilà ma fille découvrant Harvest pendant que je vous parle. - Cela fait plusieurs fois que je reporte la réponse à la question : "Papa, c'est quoi, la franc-maçonnerie ?", parce que je ne parviens pas à trouver le temps nécessaire pour lui expliquer clairement pourquoi son père lui apprend plus de choses que l'école, ce qui reste délicat. - Ce soir, en revanche, la réponse était aussi facile qu'agréable à donner.

jeudi 23 mars 2017

"Nos pères connaissaient...

...la fragilité des femmes. Mais ils en faisaient des fabliaux. Il faut bien qu'il y ait quelque chose de changé, puisque nous gémissons de ce qui les faisait tant rire."

Anatole France. Peut-être que le féminisme est sorti de là, que certaines d'entre elles ont senti qu'il y avait ici un angle d'attaque, que les hommes les prenaient trop au sérieux. Ou prenaient le sexe trop au sérieux, alors que ce n'est sans doute pas un sujet si sérieux que ça. A voir !

mercredi 22 mars 2017

Un des vrais problème de la gauche.

J'entends ici par « gauche » celle de Péguy/Michéa, si j'ose dire, c'est-à-dire celle qui veut s'attacher à améliorer l'humaine condition, et par des moyens proprement humains. Pas le PS, la Licra, les trotskistes, l'appareil dirigeant du PCF et tous ceux qui utilisent les volontés réformistes du bon peuple pour crier sur tout le monde et prendre les bonnes places, quoi. Mais voici le propos du jour :

"En vérité, aucune puissance humaine, fût-ce la plus apte au combat, aucun programme temporel, fût-il le plus grandiose et le plus noble, n'est capable de contenir un déchaînement qui provient d'une recherche excessive des biens de ce monde." - Pie XI.

Certes cela s'appelle plaider pour sa chapelle, en l'occurrence même pour son Église, mais si l'on comprend que l'accusation vise notamment (et même principalement, pour son auteur, mais le contexte a changé depuis) le communisme et toutes les recherches d'« amélioration de l'humaine condition » par les seuls moyens matériels, de la répartition à chacun selon ses besoins au revenu universel en passant par l'État providence, et par ces seuls moyens-là (quelle que soit leur efficace propre), on doit tout de même admettre qu'il n'est pas si facile de répondre à Pie et de montrer en quoi la gauche peut s'opposer avec succès au « déchaînement » capitaliste. D'ailleurs, cela fait un bail qu'elle va d'échec en échec, alors même que la situation du plus grand nombre, dans beaucoup de pays, ne s'améliore pas.

mardi 21 mars 2017

Qu'en peu de mots...

"C'est une chose étrange que la légèreté des Français."

Louis XIII, qui savait de quoi il parlait. Je ne suis pas roi mais ne lui fais pas dire.

lundi 20 mars 2017

"Quoi qu'on en dise..."

"Quoi qu'on en dise, le catholicisme est encore la forme la plus acceptable de l'indifférence religieuse." - Anatole France, qui avait bien senti que c'était la seule religion (je laisse de côté l'extrême-Orient) « tolérante », comme on dit, puisqu'en théorie le catholique se doit d'annoncer la bonne nouvelle aux autres... et s'ils n'en veulent pas, tant pis pour eux, ils croupiront en enfer. Oui, je schématise, mais dans la série des « idées chrétiennes devenues folles » qui nous polluent le quotidien, la laïcité comme dérive incontrôlée de cette forme de quiétude chrétienne, se pose là.

Une autre d'Anatole France, le lecteur de Chesterton n'y sera pas dépaysé :

"Nous sommes sceptiques et nous sommes crédules. Nous ne croyons à rien, cela nous mène à croire à tout."

A Macron, par exemple. J'ai rencontré des gens qui y croient. D'une certaine façon, j'ai mal au cul pour eux. Charité chrétienne sans doute.

dimanche 19 mars 2017

Hollande, Macron, vus par Drieu.

"Les chefs de la banque, de l'industrie, de la presse chérissent encore mieux les démagogues - tout en souhaitant leur perte à leurs moments perdus. Ils préfèrent cette collusion à jouer cartes sur table avec un gouvernement de droite. Ils veulent continuer avec ce régime dont ils se plaignent. Ils crient à l'incohérence, au manque d'autorité. Mais s'il y avait une autorité, elle serait contre eux ; une cohérence, elle les réduirait."

samedi 18 mars 2017

Drieu avait le sens de la synthèse, parfois.

"La véritable essence du régime [démocratique, note de AMG] : le compromis entre les riches et les démagogues."

vendredi 17 mars 2017

"Léa Seydoux, Bernard-Henri Lévy, Anaïs Demoustier, Yann Moix, Vincent Elbaz, Camille Cottin, Felix Moati, Vincent Lacoste, André Wilms, Claire Denis, Gilles Lellouche, Xavier Beauvois, Cynthia Fleury, Daniel Mesguish, Vimala Pons, Emmanuelle Laurent (Mardi Noir), Alexandre Adler, Tiphaine Samoyeault, Yves Angelo, Marie Desplechin, Nicole Garcia, Éric Caravaca, Barbara Cassin, Arno Bertina, Blandine Kriegel, Rodolphe Burger, Mathilde Monnier, Brigitte Jaques-Wajeman, Maurice Szafran, François Régnault, Caroline Mecary, Gérard Miller, Jean-Claude Milner, Pablo Reinoso, Yves-Charles Zarka, Marie Modiano, Coralie Miller, Charles Méla, Alain Grosrichard…"

Je l'admets, cette liste effrayante fait très « mur des cons » - et non pas Mur des Fédérés, si je ne sais pas à quel point je suis Versaillais tendance Louis XIV-XV-XVI, je ne le suis toujours pas tendance M. Thiers, dont Pie XI vous expliquerait à quel point il fut un fourrier du communisme, mais c'est là ma lecture du jour, pas mon sujet du jour... et je m'arrête et reviens à mon propos.

Cette liste, empruntée ici, est celle des signataires de la pétition des psychanalystes contre le FN, sa lecture, comme celle de la phrase surréaliste : "La possibilité même de notre exercice professionnel est mise en cause. Pas de psychanalyse digne de ce nom sans l’état de droit.", se passant de commentaire - d'autant que d'une part, j'aurais tendance à penser que Freud n'aurait jamais écrit lui-même une telle connerie, d'autre part je comprends que l'on puisse trouver de l'intérêt à une démarche telle que la psychanalyse. Godard disait que ce n'était pas un bon signe que les gens ne s'intéressent plus à la psychanalyse : bien que les livres du type "Bibliothèque de l'inconscient" (Gallimard), m'aient toujours dans l'ensemble (Winnicott comme exception ?) bien fait chier, j'admets sans sourciller que le fait qu'ils se vendent et lisent moins n'est pas un signe de curiosité de la part du « public ». Mais cette empathie reste bien générale, et ne vaut pas pour les auteurs et signataires de cette pétition débile, à laquelle l'auteur de l'article (un ancien pornographe ? Je reviens sur le sujet un jour ou l'autre) a bien raison de répliquer : "quel rapport entre cette profession qui ne déclare pas son cash au fisc et l’État de droit ? On a beau creuser, on ne trouve pas."

A moins que l'État de droit ne soit celui, pour certains, de tricher grave. Mais ceci est une autre histoire...

jeudi 16 mars 2017

"Le christianisme a beaucoup fait pour l'amour en en faisant un péché."

Anatole France. Une autre du même tonneau : "Pour se donner les joies de l'adultère, il faut être une personne pieuse." - Et encore une, d'un autre tonneau : "J'ai des ennemis, et je m'en vante : je crois les avoir mérités."

mercredi 15 mars 2017

"Le porno, ça fait partie de la vie..."

Emmanuel Macron. - Le candidat à la présidence de la République n'a pas "vu" l'art français, mais il semblerait qu'il ait vu des pornos. On n'ose trop se demander s'il a alors repéré que de même qu'il y a des traditions culturelles nationales il y a des types humains différents, et s'il s'est aperçu que... Mais je m'aperçois que j'allais citer des références trop datées, et que s'il y a encore des races dans le porno - c'est même le domaine apprécié par la culture dominante où cette évidence, que la culture en question d'ordinaire nie, est la moins contestable -, il se peut qu'il y ait de moins en moins de styles nationaux ou culturels en la matière, et que les petites Russes croient normal, croient naturel, de baiser et couiner de la même manière que les Américaines. Que fait donc Poutine ?

Ceci étant dit, il est pour le moins révélateur des amusantes voies prises par notre époque que l'on en vienne à applaudir à l'interpellation d'un candidat à la présidence de la raie publique par une ancienne actrice porno, raie publique s'il en fût, quand cette ancienne actrice, sans se faire passer pour ce qu'elle n'est pas ou n'a pas été, reproche au dit candidat sa trop grande complaisance vis-à-vis du porno et lui rappelle une autre évidence : quoi qu'on en pense, le porno ne fait pas naturellement partie de la vie, la plupart des générations de l'humanité depuis un bazar d'années ont vécu sans. - Dans ma jeunesse, j'étais plus excité par Marilyn Jess que par Brigitte Lahaie, l'histoire aurait donc été encore plus parfaite de mon point de vue personnel si c'était un totem érotique de mes vingt ans qui s'en était pris à M. Macron sur ce sujet, mais tout de même, merci Mme Lahaie, l'histoire en question ne manque pas de sel.

mardi 14 mars 2017

Chesterton à son meilleur.

"Ôtez le surnaturel, il ne reste que ce qui n'est pas naturel." - Comme dit l'autre, ce n'est pas de l'apologétique de pédé. A garder en tout cas à l'esprit lorsque les chrétiens parlent de loi naturelle.

Je crève sous le boulot et ne peux commenter cette phrase aux échos si divers (notamment : ôtez le surnaturel, il reste le transhumanisme). A demain !

lundi 13 mars 2017

Max Weber en anarchiste conservateur, à la rescousse du petit Français.

"L'État est cette communauté humaine qui, à l'intérieur d'un territoire déterminé (le « territoire » appartient à sa caractérisation), revendique pour elle-même et parvient à imposer le monopole de la violence physique légitime. Car ce qui est spécifique à l'époque présente est que tous les autres groupements ou toutes les autres personnes individuelles ne se voient accorder le droit à la violence physique que dans la mesure où l'État la tolère de leur part : il passe pour la source unique du « droit » à la violence."

"Le développement de l'État moderne s'amorce partout où le prince commence à exproprier les détenteurs de pouvoir administratif « privés » et indépendants qui existent à côté de lui, c'est-à-dire ceux qui possèdent en propre les moyens d'une entreprise administrative, guerrière, financière, ainsi que des biens utilisables politiquement. L'ensemble du procès est parfaitement parallèle avec le développement de l'entreprise capitaliste par l'expropriation progressive des producteurs indépendants."

Rappelons-le une fois encore, l'État-Nation et le capitalisme se sont développés ensemble. Mais ils ne régressent pas ensemble, et cela peut fausser les analyses. Reste que s'il n'a plus le monopole de la violence légitime et qu'il oublie même que "le territoire appartient à sa caractérisation", l'État donne libre cours de fait aussi bien aux forces centrifuges individuelles que capitalistes.

dimanche 12 mars 2017

Catherine Colliot-Thélène explique et cite Max Weber.

"Mission culturelle et puissance de l'État-nation se trouvent ainsi étroitement liées, en ce qui concerne les grandes puissances du moins : non pas parce que la culture serait l'apanage des grandes puissances, mais parce que la figure future de la civilisation mondiale dépend de l'évolution des rapports entre les grandes puissances. La qualité de “Maachtstaat” (État-puissance) implique certaines responsabilités devant l'histoire. Les petites nations (Weber cite fréquemment la Suisse) ont leurs avantages : elles autorisent la démocratie, ou bien des formes d'aristocratie fondées sur la confiance et les relations personnelles. Mais elles ne peuvent infléchir les destins de la culture. Les grands États, c'est-à-dire les États de masse, n'ont pas les mêmes libertés que les petites nations en ce qui concerne leur organisation interne. (...) Leur force est moins un privilège qu'un fatum. Car : « Ce n'est pas aux Suisses, ce n'est pas aux Danois, aux Hollandais ou aux Norvégiens que la postérité demandera compte de la figure qui sera celle de la civilisation de la terre. Ce n'est pas eux qu'elle blâmera, s'il n'y avait plus rien sur la partie occidentale de notre planète que les conventions anglo-saxonnes et la bureaucratie russe. Et la postérité aura raison. Car ni les Suisses, ni les Hollandais, ni les Danois ne pouvaient y faire obstacle. Un peuple de soixante-dix millions d'individus, situé entre de telles puissances capables de conquérir le monde, avait le devoir d'être un État de puissance. »"

Mais comme la France et désormais l'Allemagne merkellienne semblent considérer que leurs devoirs de Maachstaat consiste à dissoudre ce fatum dans l'impuissance et l'inaction... (C'est le nouveau fardeau de l'homme blanc européen, finalement.) - Qu'en dira la postérité ?

samedi 11 mars 2017

Générosité révolutionnaire.

"Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière."

Carrier, un des fondateurs de la République, d'une certaine manière. De même que j'avais pu écrire (sur Twitter) qu'une des raisons de la schizophrénie française (mine de rien, c'est elle qui pousse les gens à dire "bien fait" après la défaite du PSG alors même qu'ils pensaient la victoire assurée la veille, les deux attitudes étant bien sûr regrettables (on peut laisser ici le rôle du Qatar (qui sponsorise aussi le Barça...) de côté) ; cet état d'esprit jamais content, comme disait A. Souchon, est toujours actuel, toujours prégnant, sur les petites choses comme les grandes), qu'une des raisons de la schizophrénie française était que Louis XVI ou Pétain n'étaient manifestement pas aussi méchants que l'on a voulu nous le faire croire ;

de même, et sans être un zélateur des repentances ("Ne vous excusez pas, c'est un signe de faiblesse", comme on dit dans un grand film de John Ford), on n'avancera pas beaucoup dans la réconciliation des Français avec eux-mêmes tant que l'on n'admettra pas que la Révolution a été immédiatement et logiquement suivie du premier des génocides modernes, et que toute l'idéologie qui a poussé Trotski ou Staline, par exemple, dans leurs crimes de masse, est déjà présente dans les moeurs des généraux révolutionnaires en Vendée. (Le cas du génocide des Juifs d'Europe par Hitler me semble différent, mais ce n'est pas le sujet du jour.) Mais les républicains ont du mal à l'admettre, d'une part parce que ça les priverait de leur positionnement supposément plus moral que celui de leurs adversaires, d'autre part, et peut-être maintenant surtout, parce l'on voit trop nettement le parallèle entre cet état d'esprit et celui de « nos » dirigeants, de France et d'UE, concernant l'immigration de masse et les transferts de population. Si les Européens ne font plus assez d'enfants pour bosser et soutenir la consommation, et s'il y a des gens de l'autre côté de la Méditerranée qui sont à la fois prêts à en faire et à bosser pour moins cher... ils feront de l'Europe un continent non européen, ils la régénéreront à leur manière.

(J'ai pris la phrase de Carrier ici. On trouve dans le même texte l'intéressante définition du « mariage républicain », qui peut-être plairait à quelqu'un comme M. Peillon. Je n'ai pas le temps de vérifier si ce sont les génocidaires ou leurs victimes qui sont à l'origine de cette cruelle expression.)

vendredi 10 mars 2017

"C'est la chose appelée démocratie...

...qui a elle-même déçu le démocrate. Autant que je pourrais haïr les fascistes, si ardemment que je méprise bel et bien les hitlériens, cela ne pourrait jamais restituer la simple foi abstraite envers les républicains. Si demain je perdais ma religion, je ne pourrais croire à nouveau que le simple fait de transformer le Kamtchatka de monarchie en république absoudrait tous ses péchés sociaux. J'ai vu trop de programmes républicains, avec leurs promesses graisseuses et leurs sociétés secrètes gloutonnes. Je peux me souvenir du temps où c'était une réelle inspiration pour la jeunesse que d'être socialiste. Mais quiconque pense que cela puisse être une inspiration dans une phase plus avancée de la maturité n'a qu'à jeter un coup d'oeil sur des socialistes plus âgés."

Chesterton, en 1935. Notons que l'auteur fait une réelle distinction entre le fascisme italien, dont il dit par ailleurs comprendre certains aspects, et le nazisme, qui n'en est pour lui qu'une "parodie". Et concluons son raisonnement : ceux qui restent socialistes après un certain âge sont, soit des gens peu intelligents, soit des cyniques qui ont compris que la place est bonne pour mobiliser les jeunes cons et critiquer sans gêne les adversaires politiques et leur piquer leur part du gâteau démocrate. Ici comme très souvent, en décrivant son époque Chersterton évoque la nôtre.

jeudi 9 mars 2017

Un bon prophète.

"De nos jours, si le pouvoir absolu d'un seul s'établit en France, la philosophie opposera moins de digues à la tyrannie que la religion."

Rivarol, qui, certes dans un schéma d'Ancien Régime (le pouvoir d'"un seul"), voit bien que les philosophes sentiront toujours moins vite que les religieux (les chrétiens) ce qui menace effectivement les libertés. Ce fut vrai pour la Révolution française, le communisme, ça l'est toujours pour le socialisme et ses tendances innées sinon au totalitarisme, en tout cas à la direction des esprits et à la censure.

mercredi 8 mars 2017

Après le français "socialiste", le français "féministe".

Avec sa sagacité habituelle Paul Morand avait senti naître une excroissance socialiste, jargonnante et novlanguesque au sein du français que depuis longtemps il pratiquait et approfondissait si bien. J'ai repensé à ça en tombant là-dessus :

"Si la mue progressive d’Héloïse en « Christine », sa conquête d’une identité émancipée de toute forme de catégorisation genrée sont au cœur de cet entretien-fleuve...

C'est dans le Figaro, en plus, à propos d'une chanteuse lesbienne (lesbienne autoproclamée mais "émancipée de toute forme de catégorisation genrée", il n'y a peut-être pas de phallus mais il y a un os), qui parle de politique, comme si les chanteuses et les lesbiennes en savaient plus sur le sujet que vous et moi. Non seulement ces gens nous font chier à parler de sexe et de race à longueur de journée, mais ils maltraitent notre langue. - Voilà, c'était ma crise du 8 mars, journée de qui vous savez. - Et je dois encore vous laisser pour faire la bouffe. Filet mignon un peu raté hier, bolognese ce soir pour se rattraper. Les longues citations de Chesterton attendront...

mardi 7 mars 2017

"Ce fut Eddington, je pense, qui employa cette formule..."

"...selon laquelle l'Univers a plus l'air d'une grande pensée que d'une grande machine." - Chesterton, encore. (Je ne sais pas qui est Eddington et suis de nouveau pris par le temps.) Une autre, pour prendre date : tel fonctionnaire, élu, ministre a récemment "accepté une telle demande au motif qu'elle présentait un cas très spécial. Comme si le cas de tout être humain n'était pas spécial." - Ça n'a l'air de rien, mais c'est un puissant argument contre l'euthanasie, par exemple. - Je vous laisse, je dois aller m'occuper d'un filet mignon et de sa garniture. - Une pensée, pas une machine, quoi.

lundi 6 mars 2017

"Dites à un converti catholique qu'il a perdu sa liberté, et il rira."

Chesterton. C'est toujours plus réconfortant que cette phrase affligeante d'un autre catholique, nettement moins drôle et intelligent (ne parlons même pas de sa liberté) : "Ma principale adversaire, c'est Madame Le Pen". Qu'il la considère comme adversaire, très bien, mais plus que les journalistes et juges maçons qui l'attaquent depuis des semaines ? "Mes principaux adversaires sont la presse, les juges partisans, M. Macron, Mme Le Pen", oui, cela aurait été logique. Mais le catholique décrit comme dogmatique, intolérant, réactionnaire, etc., par les gens de gauche, tient à donner raison aux francs-maçonneries et réseaux qui l'attaquent et risquent de le pousser dehors : comme eux, il a pour « principal adversaire » Madame Le Pen. Pute et soumise, pour résumer : F. Fillon - N. Vallaud-Belkacem, même combat ! (à ceci près qu'en plus, elle est sadique.) Cela veut dire, si M. Fillon veut dire quelque chose, qu'en cas de présence de Marine Le Pen au 2e tour, il appellera à voter E. Macron pour « faire barrage » au FN, tel un vulgaire Mélenchon. - Si la possibilité de l'arrivée à l'Élysée de M. Macron n'était pas aussi inquiétante, tout cela serait assez drôle ma foi. - C'est assez drôle d'ailleurs, mais malheureusement, pas seulement drôle.

J'avais prévu un festival cherstertonien après la brièveté rimbaldienne d'hier, un contretemps m'en empêche, je fais donc plus bref. A charge de revanche !

dimanche 5 mars 2017

"Esclaves, ne maudissons pas la vie."

Rimbaud. - Rappelons aussi cette sentence : "Voici le temps des Assassins." 

samedi 4 mars 2017

Guénon est un con-plotiste. L'Islam est la religion la plus con-plotiste.

"Il est vrai que, d'après Guénon, l'histoire du christianisme originel est entouré d'une « obscurité presque impénétrable (…) obscurité telle que, si l'on y réfléchit bien, elle paraît ne pas pouvoir être simplement accidentelle et avoir été expressément voulue ». Cette obscurité impénétrable et délibérée autorise évidemment toutes les hypothèses, en particulier celle d'une descente générale du christianisme, par décision ecclésiastique, dans l'ordre exotérique [depuis un supposé ésotérisme de départ, note de AMG]. En fait, comme l'a remarqué Jean Daniélou, l'histoire du christianisme à ses débuts n'est pas plus obscure que celle des autres religions : elle est même plus étudiée et bien plus connue que celle du judaïsme, de l'hindouisme ou de l'islam. Les documents sont abondants et ne cessent de se multiplier ; on peut les lire dans de bonnes éditions, quelquefois largement diffusées. A quoi il faut ajouter que les sciences historiques, depuis Renan et Loisy, ont fait de notables progrès, non seulement dans l'ordre du savoir, mais dans celui de l'objectivité. Encore doit-on accepter de prendre connaissance de leurs résultats, fût-ce en entrant dans une bibliothèque publique, démarche que Guénon semble se féliciter de n'avoir jamais accomplie. Une telle indifférence à l'égard des enseignements de l'histoire est éventuellement légitime quand on entend se situer exclusivement sur le plan des principes, donc au niveau purement métaphysique, mais elle ne saurait tenir lieu de compétences dès lors qu'il s'agit de se prononcer sur des faits."

Jean Borella. N'ayant pas sous la main les livres de Guénon évoqués ici, je vous donne les références : la citation complotiste se trouve dans Aspects sur l'ésotérisme chrétien (pp. 8-9), l'évocation de son rapport, ou de son absence de rapport, aux bibliothèques, provient de Comptes rendus (Éditions traditionnelles, 1973, p. 130). Ceux qui le souhaitent peuvent donc vérifier s'il y a ici exagération de la part de J. Borella.

Quoi qu'il en soit, les aspects complotistes de l'Islam sont une évidence, et, de ce point de vue, on peut s'interroger sur la cohérence globale de l'anti-complotisme pro-musulman de Marc-Édouard Nabe. - Tout comme, d'ailleurs (j'écoutais sa dernière vidéo en recopiant le texte de J. Borella), sur les raisons de la baisse de qualité des raisonnements d'Alain Soral, pourtant en verve cette fois-ci, dès qu'il évoque les musulmans français. La question certes est épineuse, et certes encore les Saoudiens ne sont pas « l'Islam », certes enfin A. Soral n'invente pas l'existence des racailles « blacks », mais à l'arrivée, il lui faut, pour marquer qu'il ne pas « faire d'amalgame » entre les méchants musulmans wahhabites et les gentils musulmans français du quotidien, sacrifier d'une certaine façon les noirs, au passage en les poussant vers le côté obscur de la force (le protestantisme évangélique). Ajoutons - tout cela avec retenue, je sais bien que les choses sont complexes - que Marion Maréchal Le Pen prend de plus en plus de place au FN, pour lequel A. Soral invite à voter, et qu'elle n'est guère suspecte d'islamophilie excessive.

Sur ce, une longue journée de travail m'attend. A demain !

vendredi 3 mars 2017

"Mon Dieu, donnez--moi la chasteté et la continence..."

"...mais pas tout de suite !" (Saint Augustin). Évidemment, quand on lit ça, on se dit que les chrétiens, puis les catholiques, sont des pervers. En réalité :

- saint Augustin exprime ici de façon tout à fait intentionnelle ses propres contradictions par rapport aux difficultés qu'il a rencontrées et que tout un chacun peut rencontrer s'il veut obéir au dogme ;

- en réalité, oui, c'est bien vrai, ces gens-là sont des pervers, qui jouissent d'une certaine manière de leurs faiblesses et de l'approche de la tentation, du goût de l'interdit, etc. A eux de savoir que ce jeu, qui n'est pas accessible en théorie, aux apôtres de la simplicité dite naturelle en matière de sexualité, doit tout de même avoir une fin, avant la vieillesse et l'impotence, si possible.

- on remarquera enfin qu'il ne faut pas confondre perversion et hypocrisie. Les apôtres sus-mentionnés de la simplicité sexuelle (alors que la simplicité peut être biblique, mais certes pas sexuelle, si la sexualité de son côté peut être facile) sont, eux, hypocrites, lorsqu'ils jouissent, en cachette, de ce rapport pervers à la tentation. Les catholiques peuvent être trop complaisants envers eux-mêmes ; c'est une faute aussi, mais ce n'est pas la même. (Si par contre ils nient le plaisir (qui peut être sincèrement éprouvé comme coupable) du jeu avec la règle, là, oui, ils tombent eux aussi dans l'hypocrisie.)

Une question pour finir : si les technologies actuelles de l'image, vidéo, internet, etc., étaient apparues dans un univers chrétien, le porno serait-il un fait aussi caractéristique de notre civilisation ? Son onde de choc, comme on dit d'un tremblement de terre, aurait-elle été la même ?

jeudi 2 mars 2017

"Dans l’ordre politique, le souci des personnes doit s’accorder avec la recherche du bien commun."

Philippe Bénéton (pas l'ancien rugbyman super-héros du plaquage et auteur d'une passe de toute beauté lors du premier France-Angleterre au Stade de France, il y a bientôt 20 ans, personne ne rajeunit.). J'ai trouvé ça ici, ce M. (pas trop United Colors of) Bénéton continue en citant Saint-Ambroise, et ce sera la citation du jour, un addendum plein de bon sens à ce que je vous racontais hier :

"Il est louable de faire abandon de ce qui est à vous, mais non de ce qui est à autrui."

Très clairement, l'État dit français est en train de faire aux Français de France ce qu'il a fait aux Français d'Algérie, donner quelque chose qui n'est pas à lui - ce « quelque chose » est-il à nous ? S'il y avait un nous, ce don ne se ferait pas si facilement... - Qui sait, si révolution il devait y avoir dans les temps à venir, ce serait peut-être, contrairement à l'autre, une révolution française !

mercredi 1 mars 2017

"La plus précieuse des libertés temporelles est l'indépendance de la patrie."

Charles Maurras. Mais ce n'est là qu'une introduction à la citation du jour, je cède une fois de plus la parole à Jean Madiran :

"L'immigration-invasion est manifestement une question de nombre.

Mais pas seulement.

Elle est aussi une question d'origine ethnique, nationale, culturelle, religieuse. Certaines origines sont plus favorables, d'autres sont plus rebelles à une « assimilation » ou à une « intégration ». Ce n'est pas un déterminisme mécanique. C'est une forte tendance. On ne peut dire à l'avance de personne, pris individuellement, qu'il sera inassimilable. On peut constater une tendance dominante dans un groupe humain, et en conséquence favoriser ou défavoriser davantage l'immigration selon sa provenance : mais cela est interdit par la loi.

Une loi d'exception : la loi Pleven de 1972. Elle interdit, elle punit toute discrimination à raison de l'appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Elle interdit donc, elle punit une « discrimination » tout à fait naturelle, normale, nécessaire en matière d'immigration massive : une famille dont la religion et la culture comportent la pratique (par exemple) de la polygamie, de l'excision des filles, des mutilations corporelles comme châtiment (etc.), sera beaucoup plus difficilement intégrable à la société française qu'une famille de tradition européenne et (ou) chrétienne. On peut encore, semble-t-il, énoncer en France cette remarque générale sans être condamné par les tribunaux. Mais on n'a plus le droit d'analyser les cas particuliers de telle ethnie, de telle nationalité, de telle religion appelées par leur nom."

Ceci fut écrit en 1998, il y a bientôt vingt ans, la France « black-blanc-beur » (personne ne prononce plus le mot beur, notons-le) gagnait la coupe du monde de football, je rencontrai celle qui est devenue ma femme et ignorais l'existence de Jean Madiran. Une paraphrase et deux remarques :

"On ne peut dire à l'avance de personne, pris individuellement, qu'il sera inassimilable. On peut constater une tendance dominante dans un groupe humain." : Julien Rochedy, avec son bon sens et ses capacités d'analyse (il généralise parfois un peu trop vite, mais qui n'a jamais péché...), avait, dans un texte que je ne vois plus sur son site (en revanche, j'y trouve à l'instant, vous êtes priés de me croire sur parole, une interview de l'intéressé dans Présent, le journal de feu Jean Madiran, voilà une vraie co-incidence), redécouvert cette évidence, lorsqu'il écrivait que l'on peut éventuellement assimiler un individu, mais que l'on ne pouvait pas assimiler un peuple ;

Discriminer, rappelait Philippe Muray, c'est voir des différences, c'est faire un choix à partir de cette vision (que M. Macron ne possède pas, tant pis pour lui). Interdire et punir les discriminations, c'est très directement attenter à la liberté de choix. C'est anti-démocratique. Plus simple tu meurs, comme disait Jean-Pierre Voyer, Dieu le bénisse ;

Je vous retrouverai ce passage à l'occasion, mais quelqu'un d'aussi peu suspect d'islamophobie, comme on ne disait pas encore à l'époque, que l'islamologue Louis Massignon, faisait exactement la même observation que Madiran, lorsqu'il expliquait, pendant la guerre d'Algérie, que les membres du FLN, pourtant selon ses dires peu croyants, nous dirions aujourd'hui peu islamisés, ne voulaient pas être soignés par les médecins communistes que le PCF et l'URSS leur envoyaient : comment confier (dans confier, il y a confiance) notre corps à quelqu'un qui ne mange pas comme nous, qui ne mange pas hallal, tel était en substance leur argument, par ailleurs tout à fait respectable. Mais quel que soit le « bord » ou l'angle de vue, la réponse est la même : ça ne peut pas coller. Je ne suis d'ailleurs pas sûr qu'Alain Soral pense au fond de lui que ce soit possible, que ce puisse coller. Soral, c'est un peu Déat : venu de la gauche, il craint à raison les guerres et les embrasements. Mais des Français sont morts pour Dantzig, qu'on le veuille ou non, et la guerre d'Algérie, que de Gaulle n'a pas voulu finir, est toujours en cours, nous n'en pouvons mais.

mardi 28 février 2017

"De ce point de vue-là, la France tient son rang et son rôle : révélatrice de la catastrophe qui la frappe et nous frappe tous."

Philippe Grasset, sur son émérite site Dedefensa. Il continue ainsi un texte centré sur l'idée que la France, en tant que possiblement « lepéniste » se remet à intéresser, à titres divers, les observateurs étrangers, lesquels la tenaient depuis des années, hélas à raison, pour quantité négligeable, quand elle suivait l'ordre (!??!) mondial :

"Le paradoxe de cette situation est assez plaisant, puisqu’il est, selon les hypothèses les plus dramatiques qui font l’événement sensationnel a priori, que le Système se bat contre une possibilité qu’il juge de “repli de la France sur elle-même” (Le Pen), et qu’à cause notamment de cette bataille comme outil de la dynamique à l’œuvre,  la présidentielle française s’inscrit effectivement comme un événement qui replace la France dans la dynamique la plus grondante, la plus active des relations internationales dans ce temps de crise. C’est l’hypothèse du “repli sur soi”, et surtout si cette hypothèse est rencontrée, qui fait que la France prend (reprend) une place très importante dans les affaires du monde ; ainsi va l’hypothèse à son terme sous la forme de ce paradoxe signalé plus haut, extrêmement remarquable, – la possibilité du “repli sur soi” comme manière de sortir de l’enfermement dans sa mécanique de masturbation intellectuelle interne franco-française, pour épouser ou revenir dans la situation du monde et dans son époque qui est celle, non pas du triomphe du Système mais de la Grande Crise d’effondrement du Système..."

Ce que l'on peut formuler plus succinctement : c'est en refusant les influences étrangères et mondialistes, donc en cherchant à se rapprocher de son histoire, qui n'est par définition celle d'aucun autre pays, que la France retrouverait une personnalité et un rôle. - Bon, on n'en est pas là, et une élection, qui par ailleurs donnera ce qu'elle donnera, ne vous change pas des décennies de relâchement et d'invasion démographique en un tournemain. Mais bon, en lisant ces amusants paradoxes, je repensais à cette phrase de Jean Madiran dans son Brasillach, phrase que je n'ai jamais citée faute du contexte idoine :

"Ce qui est offert à notre pays, c'est toujours le plus difficile. Ce qui est demandé à la fille aînée, c'est d'être en avant et la première, c'est de devancer les temps."

Le « contexte idoine » devant permettre de mettre en relief la grandeur un peu naïve de cette phrase, écrite dans les années 50, et qu'il est difficile de ne pas lire avec une ironie amère, avec l'idée masochiste d'en inverser le sens, avec l'idée guénonienne que la France est en avance surtout sur le chemin de la décadence. La citation de P. Grasset est tombée à point pour illustrer ces ambivalences. - Les chutes qui me viennent à l'esprit étant plutôt sinistres, je finirai ainsi : donc, tant qu'il y a de l'ambivalence, il y a de l'espoir.

lundi 27 février 2017

Dans la série "L'accomplissement du judaïsme, c'est le christianisme..."

Ou "Le judaïsme actuel est postérieur au christianisme, ce n'est pas une religion plus ancienne", je tombe sur cette remarque de la biographe de saint Paul, Marie-Françoise Baslez :

"C’étaient en effet les Juifs les plus romanisés, comme Philon et Josèphe, qui assimilaient les prophètes aux agitateurs et leur prédication à des menées subversives."

Ce qui bien sûr est leur droit, mais confirme d'une certaine façon que l'on commet, intentionnellement ou non, une erreur en se plaçant de leur point de vue pour juger le christianisme depuis le judaïsme, comme si celui-ci n'était pas alors précisément dans une période d'évolution, et même de révolution - ou d'autodestruction, ou, donc, d'accomplissement.

(La phrase qui me sert de titre exprime une idée qui n'est pas nouvelle : elle a récemment été ainsi reprise avec douceur et fermeté par la petite soeur de M. Bernard-Henri L., cette soeur convertie au catholicisme dont l'existence me réjouit presque autant qu'elle semble rendre son frère plus névrosé et méchant encore qu'il ne l'est. Et depuis quarante ans que nous les supportons, nous en savons bien long sur cette névrose et cette méchanceté. Les Libyens aussi, d'ailleurs.)

dimanche 26 février 2017

"Au moins, si Marine Le Pen est élue...

...les gens verront que le fascisme français n'existe pas", me dit un ami. Il est vrai que l'on peut souhaiter qu'alors le fantôme d'Hitler enfin disparaîtrait et que ce blocage de la pensée, au moins, serait levé. Certes les journaputes français feraient sans doute tout ce qu'ils pourraient pour nous convaincre que la bête immonde, le ventre fécond, les heureslesplus, etc., mais je pense pas que cela pourrait beaucoup tromper Popu. - En revanche, il est à craindre que les plus obtus représentants de ma génération (début années 70) ne croient de leur devoir d'empêcher la venue au pouvoir de ce soit-disant fascisme, et qu'ils s'obstinent d'autant plus en ce sens que cette femme républicaine, qui pourrait être la première femme président en France (et qui est entourée d'homosexuels, tout pour leur plaire), se rapproche de son objectif. Bref, ils peuvent encore foutre la merde. - Non, encore une fois, que l'on voie en Mme Le Pen plus que ce qu'elle peut offrir, mais au moins, donc, pour donner un peu d'air frais au pays - les « extrêmes » ne conduisent pas nécessairement aux chambres à gaz, pour synthétiser.

samedi 25 février 2017

Apprentis sorciers, pompiers pyromanes, etc.

Il m'arrive d'expliquer à des amis ou des connaissances me rappelant notre « devoir » d'aider les « réfugiés » qu'il manque à leur appréhension de ce grave problème une pièce importante : ce sont les mêmes qui, du haut de l'État ou de l'UE, nous demandent de le faire, qui ont participé à créer le problème, en éliminant Khadafi, en déstabilisant la Syrie. Ce sont les responsables qui nous culpabilisent, pour reprendre d'une certaine façon la célèbre formule de G. Dufoix. (Ce qui d'ailleurs rappelle la haute contribution à la vie politique française, sur la durée, de M. Laurent Fabius. Passons.) Nous sommes supposés payer les pots qu'ils nous cassent sur la tête, le tout dans la contrition (ce qui reste de vertus chrétiennes ne devant d'ailleurs être utilisé par nous que de façon masochiste. Charité bien ordonnée commence dorénavant (et s'arrête) par les autres.) - Bref, voici la citation du jour, dans laquelle j'ai retrouvé un raisonnement analogue au mien. Je l'ai lue ici, il s'agit d'un texte de G. Tedeschi, traduit de l'italien :

"Le phénomène migratoire est expliqué, ou plutôt laissé à deviner, avec trois causes principales : les conflits, la pauvreté, le besoin de main-d'œuvre. Il est évident que ces trois causes existent, mais par quoi elles s'expliquent, et si elles peuvent être résolues, est rarement discuté. Prenons la première, les conflits. Jusqu'à il y a une dizaine d'années, ils étaient "éteints" pratiquement dans l'oeuf ; par la suite, on dirait qu'ils ont été tolérés (ou même causés, pensons à la Libye), tandis que les ventes d'armes à plusieurs pays augmentaient et on pense que ces armes peuvent avoir servi à Daesch. Les conflits qui ont généré les migrations pouvaient-ils être étouffés, oui ou non? Prenons la deuxième cause, la croissance de la pauvreté. Le problème ne semble pas si vrai, si l'on regarde les flux migratoires. Ceux provenant de pays en difficultés économiques réelles représentent entre 5 et 10%. Mais il est important de noter que cette pauvreté est également due à nos manquements au cours des dix dernières années. Qu'on voie les conclusions du fameux G8 pour l' Afrique, où nous nous sommes engagés à soutenir les investissements et les exportations des pays pauvres; qu'avons-nous fait ? Pratiquement rien. Enfin, le besoin de main-d'œuvre ; le déficit (gap) de population dû à l'effondrement démographique rend-il les migrations nécessaires ? Mais qui, ou quoi, a provoqué ce déficit qu'aujourd'hui on prétend gérer ? Qui a imposé la baisse du taux de natalité en Occident et prévoit maintenant de le compenser par l'immigration ? À une époque de crise économique, avec un taux de chômage dans notre pays comme l'actuel ? Avec un coût de l'accueil si onéreux pour notre budget ? J'ai parlé de la nécessité de clarifier les causes réelles du problème, qui sinon ne sera pas résolu et même s'aggravera. Les doutes à propos du fait qu'on veut ignorer ces causes réelles résident aussi dans la confusion qui règne en Europe. Se peut-il qu'on n'ait jamais réfléchi au fait que les migrants sont principalement des jeunes en bonne santé ? Les moins jeunes ne craindraient-ils pas les conflits et la faim ?"

Et ajoutons pour faire bonne mesure que lorsque D. Trump se désole que "La France ne soit plus la France" ou que "Paris ne soit plus Paris", il nous donne un conseil d'ami, quand l'administration Obama poussait nos dirigeants à déstabiliser la Syrie, en se moquant bien des conséquences pour nous. (Concernant Trump, en général : il faudra le juger sur la durée, tout simplement. Comme tout le monde, quoi.)

vendredi 24 février 2017

"La Renaissance, c’est la décadence."

Matisse, rien moins. Ajoutons :

"Pour exprimer l’admiration qu’il éprouvait envers les philosophes antiques, un Bernard de Chartres, au XIIe siècle, s’était écrié : « Nous sommes des nains montés sur des épaules de géants. » Il n’en concluait pas moins qu’ainsi porté par les Anciens, il pouvait « voir plus loin qu’eux. »

Mais c’est la manière même de voir qui change à l’époque de la Renaissance. Repoussant jusqu’à l’idée de « voir plus loin » que les Anciens, on se refuse à les considérer autrement que comme les modèles de toute beauté passée, présente et à venir. Phénomène d’ailleurs curieux dans l’histoire de l’humanité : il a lieu au moment où l’on découvre d’immenses terres inconnues, d’autres océans, un nouveau continent. Or, à la même époque, en France surtout, bien loin de se tourner vers ces horizons nouveaux, on se retourne vers ce qu’il y a de plus antique dans l’ancien monde."

R. Pernoud. Peut-être y a-t-il d'ailleurs un rapport complexe de cause à effet, je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que, malgré tout ce que l'on me racontait quand j'étais gamin (a long time ago, in a galaxy far, far away...) sur les atrocités supposées du Moyen Age, je ne comprenais pas cette volonté de la Renaissance d'imiter ce qui avait déjà été fait. Je ne voyais pas l'intérêt. La Renaissance était plus réactionnaire que le Moyen Age, somme toute.

jeudi 23 février 2017

La tragédie, puis la farce... tragique ?

"Le ton des réponses de Ben Gourion à Eisenhower m'enchante : on ne traiterait pas ainsi un nègre. Les USA sont une démocratie qui essaie de ne pas être juive : mais une démocratie l'est forcément. Eisenhower devra céder. C'est bien le conflit juifs (pardon, israélites) contre pétrole que je vous annonce depuis plus d'un an."

Paul Morand, 1957. Depuis, Israël, l'Arabie Saoudite et les « USA » se sont rapprochés. Le ton de « Ben Gourion », lui, n'a pas beaucoup changé - « nègre » ou pas « nègre ».

"Que la démocratie soit moribonde, que la jeunesse n'en veuille plus, c'est l'évidence ; ce qu'on ignorait, c'est qu'elle mourrait de sa propre ubuesque caricature ; les nègres sont le négatif de la démocratie ; sur 100 États à l'ONU, l'Occident, avec ses pauvres 15 voix, va être gentiment dépossédé, en pleine légalité, par la seule vertu de la majorité. Car, si la majorité est reine, quelque part en France, elle le sera partout dans le monde."

Le même, 1960. Cioran le disait à peu près : le pire legs de l'Occident au monde, c'est la démocratie. J'ajouterai : on est puni par où on a péché. Qui tue l'Esprit par la démocratie périra par la démocratie...

mercredi 22 février 2017

"L’art français, je ne l’ai jamais vu..."

Vous vous doutiez peut-être, amis lecteurs, que j'allais utiliser cette phrase à la fois énigmatique et consternante comme citation du jour. Mais avant d'insulter son auteur, j'aimerais d'abord la comprendre ! - Des références s'entrechoquent, de Duras / Resnais sur la forme ("Tu n'as rien vu à Hiroshima" - E. Macron n'aurait rien vu à Versailles, au Louvre, au musée d'Orsay, etc.), aux réflexions réactionnaires de Joseph de Maistre, sur la forme : "Il n'y a point d'homme dans le monde. J'ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu'on peut être Persan ; mais quant à l'homme je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie ; s'il existe c'est bien à mon insu." De même que l'illustre franc-maçon catholique savoyard se méfiait de l'idée d'une nature humaine, en tout cas exprimait ainsi que l'on ne peut dissocier chez un homme ce qu'il a d'humain de ce qu'il a de localisé dans l'espace et le temps, on se croirait chez Aristote, de même, mais en sens inverse, E. Macron estimerait que l'on ne peut isoler la molécule "France" dans l'art qui a été produit en France depuis des siècles. (Mais a-t-il « vu » l'art allemand, l'art japonais, etc. ? A-t-il « vu » qu'entre le théâtre Nô et Molière, il y a des différences ?)

Tout cela est peut-être chercher midi à quatorze heures, mais aussi, quelle confusion dans cette phrase ! Et si les réminiscences culturelles qu'elle me semble évoquer ne sont pas aberrantes, quel drôle d'instinct que celui qui pousse un homme pourtant supposé cultivé, avec une formation de philosophe qui plus est, à employer une tournure obscure dans laquelle les références que l'on peut trouver sont inversées, Duras comme une espèce de surmoi moqueur à l'endroit de Macron lui-même d'une part, Maistre piqué plus ou moins adroitement à Marine Le Pen (et à Michéa) d'autre part...

On finit par se dire que les socialistes français ont une forme de pathologie. Le Président de la République, alors qu'il s'était fait discret depuis quelques mois - on pensait qu'il avait un peu honte de lui - réussit à déclencher des émeutes dès sa réapparition, en choisissant la victime la plus apte pour ce faire ; son ancien Premier Ministre a cru qu'il suffisait de caresser le cul du CRIF avec sa main tremblotante pour plaire aux gens de gauche ; son ancien Ministre des Finances dit n'importe quoi et tout et son contraire en une seule phrase, qui plus est probablement contre-productive par rapport à ses objectifs de candidat ; sa terrifiante et haineuse ex-Ministre de la Justice frayait avec un horrible antisémite homophobe ; je me retiens pour ne pas parler des dégradantes pathologies morales et mentales de Mme Belkacem ; l'inénarrable fondation dite « progressiste » Terra Nova veut donner la Pentecôte et le lundi de Pâques aux Juifs et musulmans, sans sembler se poser la question de son éventuelle (et totale !) illégitimité à ce sujet, etc. - La Fontaine encore : ils ne mouraient pas tous (hélas ?), mais tous étaient frappés.

mardi 21 février 2017

"Notre époque est la première depuis saint Augustin...

...à ne pas avoir accès aux Sermons de saint Augustin. Leur dernière publication remonte à cent cinquante années. C'était au XIXe siècle. Le XXe siècle français ne les publia donc pas."

Maxence Caron. Lacune réparée par lui-même et les éditions Robert Laffont, puisque c'est ainsi que s'ouvre son introduction à la première édition française desdits Sermons au XXIe siècle, dans la collection "Bouquins" (2014).

Et puisque je vous parle de temps à autre de saint Thomas d'Aquin, voici ce qu'écrit le même M. Caron :

"La valorisation systématique du thomisme est un épisode récent dans l'histoire de la pensée chrétienne et fut l'initiative du pape Léon XIII à la fin du XIXe siècle. (...) Il y a un siècle, saint Thomas n'avait pas le rôle majeur qu'on lui assigne aujourd'hui, et le Dictionnaire de théologie catholique note ainsi, en 1902 : « Thomas d'Aquin était un correctif nécessaire au docteur d'Hippone : il est moins grand, moins original, et surtout moins vivant. Mais le calme didactique de son intellectualisme permet (..., coupure de M. Caron) de donner aux termes plus de précision, de préparer en un mot le dictionnaire grâce auquel on pourra lire le docteur africain. » (...) Quelle que soit alors sur l'un comme sur l'autre des deux universels géants la force des stéréotypes, ils rappellent d'abord l'insurpassable place historique occupée par Augustin, sa place également dans l'oeuvre de saint Thomas qu'on lui oppose aussi stérilement que niaisement, et en faisant penser à ce simple fait d'unité : si saint Augustin est grand et si saint Thomas parachève cette grandeur, celui-ci ne peut être moins grand d'apporter à l'augustinisme un souffle qui en façonne la joie."

« Augustinisme » et « joie », donc. Le XVIIIe siècle anglofrançais (franglais) n'y comprend plus rien.

lundi 20 février 2017

"Soral et Valls, ils sont pareils...

...ils misent tout sur les Juifs, et, pour les rebeus, disent la même chose : pas d'amalgame !"

Un ami, il y a quelques jours. Faut-il en déduire que le « Président » va subir le même sort que l'ex-Premier Ministre ? Pas nécessairement, mais il est plus facile à un intellectuel qu'à un politique de retomber sur ses pattes. Et il faut tout de même admettre que si Alain Soral a plein de choses à dire, plus ou moins intéressantes, sur l'élection à venir, l'élection à venir, elle, se fout complètement d'Alain Soral, puisqu'il n'y a pas un seul candidat sur la ligne souverainiste-antisioniste-"pas d'amalgame", pas un.

dimanche 19 février 2017

"Je fais une objection très humble, une objection de grammairien…"

C'est en ces termes que Jean Madiran s'adresse à certains de ses interlocuteurs, au détour d'une page importante de Ils ne savent pas ce qu'ils disent. - Le temps me manque ce soir pour détailler la chose, mais je la relève derechef, tant cela me rappelle, en premier lieu, mes lectures de Wittgenstein, et, en deuxième lieu, ce thème creusé par V. Descombes - dans la lignée de Elisabeth Anscombe - ou R. Pouivet (auteur d'un livre que j'ai lu il y a longtemps et dont j'ai déjà cité à plusieurs reprises le titre : Après Wittgenstein, Saint Thomas) - ce thème, disais-je, d'une redécouverte par la philosophie analytique de certains des enseignements et des méthodes de la scolastique, notamment si ce n'est principalement, thomiste.

J'y reviendrai ! - Sachant qu'il ne me déplaît pas non plus d'insister sur la continuité sous cet aspect de ce blog par rapport à ses jeunes années, les femmes y fussent-elles désormais moins visibles et moins dévêtues.

samedi 18 février 2017

"On nous empoisonne pour le plaisir des hommes..."

Phrase trouvée dans cet intéressant article, qui rejoint une des questions que je me pose depuis quelque temps : qu'il y a-t-il de si féministe dans la pilule, et surtout dans l'avortement ? Après tout, les hommes, qui peuvent éjaculer sans se soucier de la suite, laquelle peut être le passage de leur compagne sur une table d'opération et le jet d'un foetus dans une poubelle (quand on ne trafique pas avec ses organes...), sont les premiers à profiter de ces si merveilleux acquis. - Quant à l'idée du droit de disposer de son corps, je ne me permettrais pas de la jeter à la poubelle avec les foetus en question, mais je rappellerai l'histoire des « freedom cigarettes », ou comment Hollywood avait instrumentalisé ses actrices pour qu'elles fument comme des hommes, et dépensent donc leur argent comme des hommes, et aient des cancers comme des hommes, etc., le tout au nom de la liberté, bien sûr.

vendredi 17 février 2017

"La mondialisation, ce sont des salaires américains pour les dirigeants et des salaires chinois pour les ouvriers."

En réalité, ce n'est pas cette phrase que je voulais citer aujourd'hui, mais elle fait partie d'un passage de La cause du peuple que j'avais depuis longtemps l'intention de retranscrire et qui manifestement n'a pas intéressé que moi, puisque je l'ai trouvé reproduit par d'autres ici-même. Je vous encourage donc à aller lire cette petite variation sur le thème : en matière de frontières, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. - Et vue la dégradation presque quotidienne du métro parisien en ce moment, on peut se dire que les protections de toutes sortes n'ont pas fini de surgir et d'entamer la pourtant sacro-sainte liberté de circulation… D'ailleurs, dans la Ville Lumière, l'alternative actuelle est la suivante : le métro et ses tuberculeux, le vélo et la pollution subie, la voiture et la pollution créée dans les embouteillages subis.

Bref, je vous laisse lire Patrick Buisson, et j'en profiter pour ajouter une petite morale à la phrase de M. Schweitzer par laquelle j'ai commencé. Il faut bien comprendre qu'elle signifie aussi que, désormais, les patrons du monde entier, à partir d'un certain niveau, considèrent comme normal d'être rémunérés comme des patrons américains. C'est une des réussites de la mondialisation : il y a des rémunérations que certains patrons pouvaient considérer comme correctes ou raisonnables à une époque, surtout par comparaison avec celles de leurs employés ou des pauvres de leurs pays, mais ce n'est plus le cas, puisque le seul critère qui compte désormais à leurs yeux est le salaire de leurs collègues patrons du monde entier, le salaire américain.

Bon week-end quand même !